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Suite à l'interview du président de la république : la réaction à chaud de Lazare Sèhouéto
2/08/12 13:28 par Lazare SEHOUETO
Nous avons suivi, vous avez suivi, la prestation du Chef de l’Etat qui a « parlé au Peuple » sur les chaînes de télévision. Nous espérons que son « cher peuple » l’a entendu. Nous avons constaté qu’il a été trop loin dans le mépris pour la vérité et la mise en scène de sa grandeur.
Monsieur Yayi Boni s’est permis de faire des attaques personnelles sur fond de grave méconnaissance des dossiers de l’Etat. Nos Camarades concernés sauront y réagir, au lieu et à l’heure de leur choix. Il s’est permis aussi de s’attaquer à l’Union fait la Nation, par rapport à ses propositions rendues publiques au cours des « Journées de l’Union ». Il a particulièrement insisté sur deux de nos propositions, qu’il a caricaturées – en se donnant toutes les libertés que ne se permettent point les intellectuels honnêtes - celles relatives au dialogue politique et aux réformes. Yayi Boni trouve toutes les forces vives de la Nation, y compris de l’opposition, « trop petits » pour faire des propositions, « trop petits » pour lui dire NON.
Nous soumettons à l’analyse de nos concitoyens les deux propositions qu’il a le plus attaquées et les laisser apprécier.

1. Sur le dialogue politique (Cf. p. 19 du document publié par l’UN)

« Position 2 : L’Union fait la Nation est prête à participer à participer à un dialogue national bien préparé.

La crise affecte tout le corps social, tout particulièrement les couches populaires, ainsi que le fonctionnement de l’Etat dans tous les compartiments. Il serait vain de vouloir trouver des solutions par des approches sectorielles, car l’origine du mal réside dans la philosophie politique et la pratique politique du Président Yayi et de ses soutiens Fcbe.

L’organisation d’un dialogue politique national pourrait offrir un cadre de concertation pour rappeler les exigences fondamentales de la démocratie, réaffirmer les pouvoirs et les règles de fonctionnement des institutions et recréer les conditions d’un climat de paix. Toutefois, son succès dépend d’un accord préalable sur la composition des participants, sur les objectifs poursuivis et sur les thèmes qui y sont débattus. Son succès dépend également de la pression populaire sur le déroulement de ses travaux.

Encore faudrait-il que le Président Yayi et les Fcbe donnent la preuve de leurs dispositions à arrêter immédiatement la destruction des emplois, la déstabilisation des bases de notre économie, les atteintes aux libertés, le double langage et les changements incessants de décisions, de la dilapidation de l’argent public. Ils devront vivre la crise. »

L’intervention du Président Yayi sur les chaînes de Télévision, dans la soirée du mercredi 1er Aout 2012, montre-t-elle « ses bonnes dispositions à arrêter immédiatement la destruction des emplois, la déstabilisation des bases de notre économie, les atteintes aux libertés, le double langage et les changements incessants de décisions, de la dilapidation de l’argent public » ?

2. Sur les réformes (Cf. page 23 de notre document):

« Position 8 : L’Union fait la Nation demande une pause dans les réformes en cours au niveau de la filière coton, des activités portuaires, du transport et du commerce.

Il est évident que l’absence d’une stratégie de conduite des réformes a dévoyé les plus nobles intensions. A ce jour, aucune des initiatives réformatrices du gouvernement n’a abouti à une amélioration des performances des secteurs concernés. Chaque fois que le gouvernement touche à une activité, celle-ci connait plus de problèmes qu’auparavant. Non pas que les principes qui ont inspiré certaines réformes soient mauvais mais à cause des analyses superficielles qui ont présidé a leur élaboration et du volontarisme uniquement exhibitionniste qui a guidé leur mise en œuvre. Dans ces conditions, il faut se garder d’aggraver la situation par un excès de précipitation et ne prendre, dans l’urgence, que les seules mesures conservatoires. Dans les cas d’espèce, le recourt à des expertises extérieures ne garantit la qualité des diagnostics, encore moins des remèdes. Les rapports de mission issus de brefs séjours d’experts prestigieux ne peuvent servir de base au redressement du secteur cotonnier ou des activités portuaires pas plus que de la Lépi.

Pour réussir un repli ordonné et une réorientation positive, il faut adopter une stratégie bien élaborée ; celle-là qui avait fait défaut. Il faut créer les conditions d’une acceptation participative des usagers nationaux ou à tout le moins la compréhension sympathique des réformes à engager. L’écoute des acteurs locaux et le partage des objectifs seront des gages de succès ».

L’Union fait la Nation en appelle à la sérénité de tous ses militants, afin qu’ensemble, avec les forces vives de la Nation, nous ramenions la raison, la vérité et la sincérité au cœur de la politique. Toute critique étant considérée comme « insulte » par Yayi Boni, il s’avère évident que ce « Chef d’Etat » devient dangereux pour la démocratie. Yayi Boni a peur d’un Front unifié des forces vives de la nation et menace de nous opposer ses « partisans du pays profond ». Un tel chef d’Etat qui décide de la division de sa nation et annonce l’affrontement mérite qu’on le ramène à la raison. Yayi Boni n’a pas hésité à falsifier la vérité sur chacun des dossiers qu’il a abordés. Un tel chef d’Etat, qui oublie ses obligations constitutionnelles, mérite qu’on l’interpelle par rapport à son serment. Yayi n’est probablement pas conscient de professer des vertus dont il ne fait pas preuve dans la pratique. Un tel chef d’Etat, qui pratique le double langage, qui n’assume pas les décisions de son gouvernement, qui abuse des médias pour vilipender les autres (les politiques, les opérateurs économiques), en situation de monologue, sachant qu’il ne fera jamais aucun débat contradictoire, n’expose pas seulement sa faiblesse morale, il démontre aussi, hélas ! qu’il ne mérite pas de diriger un Etat qui se veut démocratique.

Il y a quelques mois, il promettait de mettre le pays à feu et à sang. Il vient de conformer cet objectif.

N’ayez pas peur ! L’animal est atteint et nous révèle sa crue nudité. Il nous reste à nous battre pour sauver notre pays.

Enfants du Bénin debout !

Lazare SEHOUETO
Coordonnateur Général de l’Union fait la Nation

 

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