Séverin Adjovi : Une déchéance bien au-delà de Ouidah !
La Nation - Par Désiré C. VIGAN A/R Mono Couffo 06 Juil 2017
Ouidah tourne la page de Sévérin Adjovi avec l’arrêté préfectoral qui vient d’entériner la destitution du maire. Le préfet de l’Atlantique a nommé un intérimaire, pour conduire les affaires courantes de la mairie, en attendant la convocation du conseil communal qui devra procéder à l’élection d’un nouveau maire.
Mais les conséquences de ce bouleversement, au plan politique, vont au-delà du territoire de Ouidah. C’est le cas de la Communauté de communes des lagunes côtières qui est la nouvelle appellation du Conseil intercommunal d’éco-développement mué en un établissement public de coopération. Cinq territoires y sont regroupés. Il s’agit des communes d’Abomey-Calavi, de Ouidah, de Kpomassè, de Comé et de Grand-Popo dirigées par une assemblée souveraine de 15 membres, à raison de trois conseillers par commune.
Sévérin Adjovi était l’un des trois représentants désignés par le conseil communal pour occuper les sièges de Ouidah. Par la suite, il avait réussi à se faire élire, le vendredi 25 novembre 2016, président sous la supervision des préfets du Mono et de l’Atlantique. Sévérin Adjovi n’aurait pas brigué ce poste sans son statut de maire. Le bureau placé sous sa houlette était d’ailleurs composé de trois maires. Il avait donc à ses côtés, aux postes de vice-présidents, les maires des villes de Comé et d’Abomey-Calavi.
Comme conséquence de sa destitution, Séverin Adjovi a perdu la qualité de diriger cette instance. « Je ne vois pas comment un conseiller communal peut diriger un bureau ou une assemblée constitué des maires », commente le secrétaire général de la mairie de Comé, Basile Djihoun. En l’espèce, Séverin Adjovi, réduit au rang de conseiller communal, aura du mal à faire prévaloir son autorité. Son intérim revient de fait au 1er vice-président, jusqu’à la convocation d’une assemblée élective.
Mais la descente aux enfers pourrait aller au-delà. Le désormais ancien maire de Ouidah, n'ayant plus le contrôle du groupe majoritaire des conseillers, peut se voir retirer la confiance de siéger au sein du conseil communautaire au titre des représentants de la commune de Ouidah. C'est pourquoi, si tout orgueil ravalé, il tient en appétit la participation aux travaux de la communauté, il va falloir qu'il engage très tôt à Ouidah des négociations avec ses pairs. Seuls les conseils communaux valident la désignation de leurs mandataires.
La Communauté de communes des lagunes côtières a son siège au quartier Ewé-Condji à Grand-Popo. Les secteurs d’intervention de l’organe sont pilotés par des commissions. Il s’agit des commissions « Protection de l’environnement », « Promotion du tourisme » et mobilisation des ressources financières intitulée « Budget, planification et relations extérieures ».