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REACTION DE L’ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DU H.C.B.E, SECTION ETATS-UNIS ET CARAIBES PAR RAPPORT AUX RECENTS LIMOGEAGES OPERES PAR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, LE DR. YAYI BONI

Benininfo: Fitzgerald Abul, Vous êtes l'une des personnes très respectées au sein de la communauté béninoise vivant aux Etats-Unis, surtout dans la région métropolitaine de Washington DC. Après avoir obtenu votre Master's en International Development à American University de Washington DC, vous avez été le premier Secrétaire Général de l'Association des Béninois vivant aux Etats-Unis, je veux parler de l ABUSA ; vous avez été aussi Secrétaire Général du Haut Conseil des Béninois de l Extérieur (HCBE) section des Amériques et Caraibles. Après avoir été CEO de Touch of Heaven Senior Care and Mehiel's International Travels and Tours Inc, j ai compris que vous voyagez beaucoup actuellement car vous êtes aussi dans le Négoce International. Cela fait plaisir de vous revoir pour discuter avec vous de la corruption et des derniers limogeages opérés dans l'administration publique béninoise.

Mr. Fitzgerald Abul: Merci Monsieur le journaliste, je dirai que ce n'est qu’un pas dans la bonne direction mais n'oublions pas toutefois qu'une seule hirondelle ne fera jamais le printemps. Le Président Yayi Boni a pris ses responsabilités en tapant très fort. Ce n'est pas facile de se séparer d'un fidèle, d'un proche qui vous a servi pendant des années mais c'est une question de principe et je crois que le Président de la République a voulu lancer un signal très fort, que rien ne sera plus comme avant. Espérons qu’on ne s'arrête pas en si bon chemin et que des actions ou mesures concrètes soient mises en place afin que corrupteurs et corrompus soient dénoncés et sanctionnés avec la dernière rigueur de la loi.

Benininfo: On a comme l'impression que vous n'êtes pas totalement satisfait par la mesure?

Mr Fitzgerald Abul: Vous avez raison, je suis relativement satisfait. Dans le cas d'espèce où nous parlons de corruption, il doit y avoir un ou plusieurs corrupteurs et un ou plusieurs corrompus. Supposons que le corrupteur ait eu gain de cause et que les corrompus n’étaient pas trop gourmands, le Président Yayi Boni n'aurait jamais su ce qui se tramait dan son administration. Le Président de la République doit raisonner en ces termes: Comme le projet du port sec de Tori Bossito, plusieurs autres projets sont soit bloqués, soit retardés ou simplement " dégradés" du seul fait des agents indélicats de l'administration publique. D'un autre point de vue, certains promoteurs de projets qui n'arrivent pas à faire le parcours du combattant que leur impose ces agents indélicats, abandonnent l'idée d'investir dans le pays. C'est à ce niveau que le bat blesse. Plusieurs compatriotes de la diaspora béninoise pourront vous confirmer que ce sont ces genres d'attitudes, de mentalités qui les répugnent, les repoussent et les empêchent de véritablement contribuer au développement socio-économique du Bénin. Au lieu de penser à ce que la réalisation d’un projet pourrait apporter au bien être et à l'amélioration des conditions de vie des populations, ces agents corrompus pensent seulement à comment se remplir les poches. La politique étant le chemin sur et court pour devenir riche au Bénin. Contrairement à ce qu’on voit aux Etats-Unis où la classe politique américaine est préoccupée par ce qu’elle doit léguer à la génération suivante, la majorité de la classe politique béninoise est égoïste. Elle ne réfléchit que par rapport à ce qu’une action de développement peut rapporter en termes de pourcentage à récolter sur un projet.

Benininfo: Quelle est la cause de ce fléau qui gangrène l'administration béninoise?

Mr. Fitzgerald Abul: Le manque de patriotisme, l'incivisme, la cupidité. Nombreux sont ceux qui pensent en Afrique que la politique est le seul moyen de s'enrichir. Contrairement à ce qui se passe dans les pays occidentaux, en Afrique, beaucoup viennent à la politique pour l'argent et le pouvoir. Ils n'ont aucune conviction et c'est pour cela qu’on les voit changer de partis politiques au gré de leurs intérêts politiques. Au lieu de servir le peuple et de contribuer à son épanouissement, ils utilisent leur pouvoir pour s'enrichir illicitement et pour opprimer voire narguer le peuple. Bienvenue alors aux amateurs politiques. Dans ce cas, n'osons même pas parler de développement. Le développement d’un pays doit se faire par les fils de ce pays. Ces fils du pays doivent avoir une vision claire de ce qu’ils veulent laisser à la génération qui suivra. Voila la problématique à laquelle les pays sous développés sont confrontés.

Benininfo: Vous avez mentionné le corrupteur.

Mr Fitzgerald Abul: Absolument, je disais tout à l'heure que j'étais relativement satisfait de la mesure. Je ne sais pas s'il y aurait des sanctions qui vont continuer par tomber. Si j’étais Président de la République, je saisirais la justice pour celui qui a distribué des millions pour avoir des largesses des agents de l’administration publique. Ce sera une première, car cela découragera tous ceux la qui pensent qu'avec l'argent ils pourront influencer la décision d'un agent public.

Benininfo: Quelles sont les mesures que vous préconisez pour éradiquer ce fléau?

Mr Fitzgerald Abul: Je pense à des actions simples. Par exemple, installer un numéro vert qui sera relié à la Présidence de la République. Tous ceux qui se sentiront lésés dans un processus administratif, ou qui ont une raison de croire que leur vis à vis veut qu’on "lui graisse la patte" pour faire le travail pour lequel il est payé, peuvent directement appeler ce numéro. Des enquêtes doivent être rapidement menées et s'il s avère qu’il y a matière à corruption, des sanctions doivent rapidement aussi tombées. Des actions du genre sont simples mais pragmatiques et contribueront à éradiquer cette gangrène, qu'est la corruption. D'ores et déjà, félicitons et encourageons le Chef de l'Etat pour ce premier pas, l’exemple doit venir d'en haut et tout bon citoyen doit supporter cette action.

Benininfo: Merci Mr. Fitzgerald
Mr. Fitzgerald Abul: C'est moi qui vous remercie et je suis une fois encore ravi de vous revoir.

Washington D.C. Diaspora Echo pour benininfo.com

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