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LA DIASPORA BENISOISE AUX USA SOUTIENT L’IDEE DE LA TENUE D’UNE CONFERENCE ECONOMIQUE, MAIS SOUVERAINE, POUR REMETTRE LE BENIN SUR LAVOIE D’UNE BONNE CROISSANCE ECONOMIQUE ET SOCIALE  

Entretien avec Mr Edmond Sotondji, Expert en gouvernance et conduite du changement, résidant aux USA

Benininfo – Mr Sotondji, permettez-moi de débuter cet entretien par un résumé succinct de votre cursus universitaire et professionnel – Cela fait plus de 12 ans que vous vivez aux Etats-Unis ; vous êtes Doctorant en Administration des Entreprises, vous avez obtenu un MBA en Organizational Leadership Development, un Master en Gestion de Projet aux Etats-Unis, un Bachelor of Science (BSc) en Management et en Administration des Entreprises ; vous travaillez à JPMorgan Chase Bank NA en tant que Senior Lead Quality Control Analyst ; vous êtes également Consultant Senior, Directeur Général de Global Dynamis Consulting- Afrique (GDC Afrique), Partenaire de Global Dynamis Consulting LLC, un cabinet-conseil international en management, spécialisé en Gouvernance et Conduite du Changement.

Ceci étant, Mr. Sotondji – Un sujet fait l’actualité depuis un temps au Bénin : la tenue d’une conférence économique. Quelles sont vos appréciations et suggestions par rapport à l’idée d’organisation d’une conférence économique tant réclamée par bon nombre de personnalités politiques et associations ?

Mr. Sotondji – Ce qui fait presque l’unanimité dans notre pays aujourd’hui, c’est la reconnaissance de ce que le B é nin traverse une situation économique morose. Je ne vais pas m’évertuer ici à faire un diagnostic des causes ayant contribué à l’état alarmant de la santé économique, financière et sociale de notre pays car elles ont déjà été amplement et suffisamment évoquées par bon nombre d’experts nationaux et internationaux ainsi que d’éminentes personnalités politiques et civiles. L’évidence aujourd’hui est que la majorité des béninois est consciente du fait que plus rien ne va dans notre pays et que nous devons ensemble trouver des solutions efficaces et durables pouvant remettre le B é nin sur le chemin de la prospérité économique, financière, sociale et culturelle.

Vous savez ! La participation des hommes et des femmes aux prises de décisions pouvant impacter leur vie présente et future est une pierre angulaire de la bonne gouvernance. Créer donc un cadre où les béninois pourront réfléchir et trouver des solutions aux problèmes de développement du Bénin, rentrerait dans la droite ligne de la politique de bonne gouvernance tant prônée par le gouvernement en place et tant souhait ée par les partenaires nationaux et internationaux.

Mieux encore, la bonne gouvernance requiert la recherche du consensus. Il est donc souhaitable et souhaité que le gouvernement trouve une médiation entre les différents intérêts de la nation béninoise pour avoir un large consensus sur ce qui relève de l’intérêt de tous et de la manière dont il convient pour l’atteindre.

Et c’est donc au regard de tout ce qui précède que je trouve opportun la tenue d’une conférence économique. C’est une initiative louable et j’y adhère totalement. La tenue d’une conférence économique pourrait être porteuse d’espoir dans la recherche d’une solution durable à la crise économique que traverse notre pays. Cependant, elle n’aura son sens que si et seulement si une véritable chirurgie économique y était opérée avec pour prescription des résolutions et décisions souveraines et applicables à tous.

Benininfo Qu’entendez-vous par chirurgie é conomique Mr Sotondji ?

Mr. Sotondji – Vous savez Mr. le journaliste… Une chose serait d’organiser une conférence économique, une autre serait que les résolutions et décisions issues de cette conférence soient effectivement applicables et appliquées. Nous avons pour coutume en Afrique d’organiser des conférences et des séminaires à coup de millions et dont les décisions et résolutions ne sont jamais appliquées. Au regard de la situation financière actuelle de notre pays et l’état de dégradation des conditions de vie de nos populations, il serait suicidaire aujourd’hui de nous aventurer dans l’organisation d’une conférence dont les résolutions seront rangées au placard.

Mais étant donné que l’organisation d’une conférence économique apparaît aujourd’hui comme la seule et meilleure option dans la recherche des solutions aux problèmes de développement économique de notre pays, le gouvernement ainsi que les autres acteurs de la classe politique doivent veiller à ce que toutes les résolutions et décisions qui seront issues de cette conférence économique soient souveraines et qu’elles s’appliquent à tous. Si à l’issue de cette conférence, nous arrivions à prendre des résolutions pertinentes et contraignantes et que le gouvernement acceptait de les faire appliquer telles quelles et dans leur entièreté, alors on aurait opéré une chirurgie économique qui sera non seulement une référence en Afrique comme ce fut le cas de la conférence nationale de 1990 mais également un gage pour le succès du processus d’une bonne croissance économique et sociale.

Benininfo – Avez-vous une idée de ce que pourrait être la feuille de route de la tenue de cette conférence ?

Mr. Sotondji - Sans rentrer dans les détails, je dirai que la feuille de route devrait avoir trois grandes étapes :

Une première étape qui sera l’Avant Conférence économique (la préparation de la conférence) et qui comprendra les sous-étapes ci-après : Convocation de la conférence économique par le chef de l’Etat - Formation du comité préparatoire de la conférence - Analyse et diagnostic des causes qui affectent la performance des secteurs clés de l’économie nationale (par le comité préparatoire) - Elaboration d’un document de synthèse contenant aussi bien les résultats du diagnostic que des propositions de solutions (par le comité préparatoire ). Ce document de synthèse servira de document de base au cours des travaux en commissions - Les dispositions logistiques, matérielles et financières allant dans le cadre de l’organisation de la conférence devraient être également prises.

Une seconde étape sera la tenue de la conférence économique proprement dite : l’ouverture de la conférence – Travaux en commission – Présentation des travaux en commission au cours de la plénière - Amendements et adoption des résolutions – Elaboration d’un plan

d’actions de mise en œuvre des résolutions - Formation du comité responsable de la mise en application et du suivi des décisions et résolutions de la conférence économique.

Enfin une troisième étape qui sera celle de l’application et du suivi des résolutions et décisions de la conférence économique.

Benininfo Selon vous, qui sont ceux qui doivent participer à cette conférence si elle devait avoir lieu ?

Mr. Sotondji – Pour être crédible et atteindre les résultats souhaités, la conférence économique devrait connaître la participation effective de toutes les composantes de la vie nationale du Bénin : les représentants du gouvernement, les représentants de toutes les forces politiques : opposition comme mouvance, les représentants de la société civile, des commerçants, des mouvements de jeunesse et des sans-emplois, des syndicats et de la diaspora.

Benininfo Vu votre expertise dans le domaine de la gouvernance et de la conduite du changement, accepteriez-vous de faire parti du comité préparatoire si on vous faisait appel ?

Mr.Sotondji - (sourire) pourquoi moi nécessairement ? Nous avons dans la diaspora béninoise ici aux Etats-Unis des compétences qui peuvent valablement nous représenter aussi bien au niveau du comité préparatoire que dans les commissions. Nous avons par exemple, Mr. David Constantin Gnanhoui, le Délégué du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur (HCBE) section Etats-Unis et Caraïbes, Mr. Fitzgerald Abul et Mr. Omar Arouna dont l’expertise et le dévouement patriotique ne sont plus à démontrer. Nous avons également d’autres personnes ressources comme Mr. Maurille Beheton, Mr. Souleyman Arouna, le Dr. Antoine Attinkpahoun, Mr Joseph Gnikpo, le Dr. Pierre Atchade, Mr. Jonas Lima, Mr. Akibou Obaoran, Mr. Shuaib Mohamed et Mr. Laurent Lantopkode, pour ne citer que ceux là. Toutes ces personnes que je viens de citer peuvent valablement représenter la diaspora béninoise aux USA et apporter une contribution positive et appréciable au bon déroulement de cette conférence économique si elle avait effectivement lieu.

Benininfo Une dernière question si vous le permettez. Je comprends que vous ne vouliez pas discuter ici des causes de la stagnation de l’économie du Bénin. Mais pouvez-vous nous dire au moins en quelques mots la cause majeure de l’échec de la plupart des projets de changement au Bénin et en Afrique ?

Mr. Sotondji – Ce n’est pas que je ne voudrais pas discuter de ce qui pourrait être à la base de la stagnation de l’économie béninoise – loin de là. Je trouve simplement que des personnes plus qualifiées que moi ont déjà sommairement énuméré quelques probables causes et que même si je devrais faire un diagnostic approfondi, il devra porter sur une analyse globale du Bénin à partir de son model de gouvernance, de son environnent interne et externe, de ses ressources et compétences. Vous comprenez donc que présentement je ne dispose pas de données sur tous ces paramètres. L’un des cadres les plus appropriés pour un réel diagnostic

serait la conférence économique dont nous avons parlé plus tôt, où un panel d’experts nationaux et internationaux pourront mettre leur génie créateur ensemble et conduire un diagnostic fiable et crédible sur les maux qui minent notre pays et proposer des solutions de sortie de crise. Mais pour répondre à votre questionrelative à la cause majeure de l’échec de la plupart des projets de changement au Bénin et en Afrique, je dirai ceci :

Nous avons des leaders qui ont sans doute une vision ambitieuse pour nos pays et le continent Africain. Mais gouverner c’est non seulement avoir une vision pour l’organisation, la communauté ou la nation, mais c’est également anticiper les crises et les changements. Gouverner, c’est exercer le pouvoir, décider en tenant compte des intérêts des membres de la communauté et mettre en place tous les outils indispensables à une bonne gouvernance. Une chose est d’avoir une vision, une autre est d’avoir les hommes, les ressources, les outils et les méthodes pouvant travailler de concert pour réaliser cette vision.

Etant un observateur averti de la vie politique et économique de l’Afrique en général et de notre pays en particulier, je dirai que ce ne sont pas les hommes capables et les ressources qui nous font défaut pour conduire les projets de changement et de développement avec succès. Ce qui manque en réalité, ce sont les outils et la méthode. Je suis persuadé que les projets de changements déjà entamés ou en projection connaitront du succès si des stratégies et des méthodes appropriées pouvaient êtres utilisées.

Benininfo – Merci Mr. Sotondji

Mr. Sotondji – C’est moi qui vous remercie

Contacts :

Edmond Sotondji, MBA, MPM

Consultant Senior et Directeur Général

Global Dynamis Consulting - Afrique

Tel (614) 747-8610 – Email : esotondji@yahoo.com ou contact@gdcafrique.com

Site web: www.gdcafrique.com